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GPO - Céder ou Reprendre une Entreprise
  GUIDE« Céder ou Reprendre une Entreprise »
Un eujeux macro-économique sur les épaules des PME
Les enjeux de la transmission d'entreprise
Au chapitre Finance, ne pas prendre ses désirs pour la réalité
Comment optimiser la fiscalité de la transmission
Au chapitre patrimoine, c'est toute la vie du cédant qui est l'enjeu
La phase sociale : une méthode, une stratégie
Ressources humaines, les portes du succès
Cas particulier : La reprise d'une entreprise défaillante
Au chapitre international : accompagnement obligatoire
Lexique des principaux termes utilisés dans le domaine de la transmission d'entreprise
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Gan Assurances
Philippe Soria, Responsable des assurances collectives à Gan Assurances


Vendeur ou repreneur, attention au Passif Social !
 
Le montant total de l'ensemble des passifs sociaux des entreprises françaises est estimé à plus de 100 milliards d'euros. Depuis le 1er janvier 2005, les entreprises cotées ou faisant un appel public à l'épargne, sont légalement contraintes de provisionner l'ensemble de leurs engagements sociaux. Il est prévu que cette obligation touche toutes les PME à partir de 2010.
Philippe Soria, Responsable des assurances collectives à Gan Assurances, nous dresse ici un panorama qui risque de surprendre nombre de dirigeants de PME.


GPO : Quelles sont les différentes composantes du Passif Social (PS) ?
Philippe Soria :
Un PS est composé de cinq catégories d'avantages :
• les droits court terme que sont le salaire, les congés payés et les éventuels avantages en nature,
• les indemnités de fin de contrat de travail, dans le cadre soit d'un licenciement individuel ou collectif, soit lors du départ à la retraite qui génère les Indemnités de Fin de Carrière,
• les avantages postérieurs à l'emploi, avec les régimes à prestations définies,
• les autres avantages long terme, tels que le compte épargne temps (RTT), la médaille du travail, la prévoyance santé des retraités,
• la rémunération éventuelle sous forme d'actions, tels que les stocks options.

GPO : Pourquoi les montants concernés peuvent-ils être considérables et représenter une part significative des fonds propres de l'entreprise et au final de sa valeur de cession ?
Ph. S. :
La raison est simple : le PS s'accroit avec la durée de présence du salarié dans l'entreprise et persiste parfois après son départ. Le PS, étant une dette de l'employeur vis-à-vis de son salarié, impacte donc de façon sensible la valeur de l'entreprise. Les montants sont donc souvent une très mauvaise surprise pour le dirigeant qui ne les a pas provisionnés tout au long de la présence de son salarié.

GPO : Un repreneur doit donc être particulièrement vigilant sur ce point !
Ph. S. :
Il doit l'être d'autant plus qu'il est parfois très difficile, même pour un spécialiste expert- comptable ou avocat, de débusquer tous les paramètres d'un PS d'une entreprise donnée. Nous constatons en effet qu'il existe souvent deux parties dans un PS : la face connue aisément identifiable et la face cachée.
Dans la face connue, nous trouvons les IFC ou les éventuelles indemnités de licenciements dans le cas de plans sociaux, le compte épargne temps avec les RTT non payés, la médaille du travail qui, selon la convention collective concernée, peut représenter plusieurs mois de salaire, les avantages du retraité notamment avec le maintien d'une mutuelle pour laquelle l'entreprise continue à abonder et enfin, les régimes à prestation définie
selon l'Article 39 du C.G.I.

GPO : Mais comment identifier les éléments cachés d'un PS ?
Ph. S. :
Cachés ne veut pas dire dissimulés ! Les éléments difficiles à identifier d'un PS sont souvent la conséquence de l'évolution de l'entreprise et du statut de ses salariés. Un exemple : un non-cadre devenu cadre que l'entreprise a omis d'affilier au contrat de prévoyance en vigueur pour les cadres. Si ce cadre tombe malade ou décède, il n'est donc pas couvert par le bon régime et c'est l'entreprise qui doit payer. Si cette situation n'est pas identifiée par un éventuel repreneur, il n'en a pas moins endossé tous les engagements antérieurs à la vente. Cela peut évidemment lui coûter extrêmement cher.
J'ai à l'esprit l'exemple d'une TPE qui, après une reprise, a découvert un passif social estimé à 200.000 euros, du à un salarié atteint d'une longue maladie. La garantie de passif accordée par le vendeur n'était que de 100.000. Dans une très grande entreprise cela est déjà très embarrassant ;
dans une PME une telle mésaventure peut se terminer par la défaillance de l'acheteur.
Cela pour dire que la partie cachée d'un PS est, par définition, difficile à révéler, le vendeur lui-même ayant parfois oublié les éléments d'un dossier social éloigné dans le temps.

GPO : Pour les IFC par exemple, quelles sont les solutions pour les prévoir au plan financier ?
Ph. S. :
Il existe trois possibilités.
• L'entreprise n'a pas fait de provisions, elle paie à chaque départ à la retraite de ses salariés. Cela suppose qu'elle en ait les moyens en terme de trésorerie.
• Elle a provisionné en interne, ce qui lui donne les moyens de payer, mais dans ce cas ces provisions ne sont pas déductibles de son résultat.
• Soit enfin, elle a fait des provisions en les externalisant auprès d'un organisme agréé, tel que Gan Assurances ; dans ce cas, l'entreprise perd la propriété des montants abondés, mais ceux-ci sont déductibles du résultat de l'entreprise. Cette dernière solution est évidemment celle qu'il faut retenir.

GPO : Quels conseils avez-vous envie de donner au chef d'entreprise ?
Ph. S. :
S'il n'a pas encore le projet de vendre, il doit se rendre compte que faire les provisions nécessaires à toutes les composantes de son PS est à la fois un investissement sur l'avenir et un enrichissement. Les montants provisionnés contribueront à conforter la valeur de l'entreprise. Pour le repreneur, l'origine de la plupart des problèmes est son manque de vigilance. Rachat de clientèle, nouveaux points de vente, économies d'échelle... le repreneur voit d'abord et surtout son intérêt économique immédiat en négligeant, souvent par ignorance, les aspects sociaux et les engagements financiers qu'ils supposent. Ce qui passe pour une superbe affaire commerciale peut alors se transformer en drame économique pour le repreneur.

GPO : Conclusion ?
Ph. S. :
Que la vente ne soit pas d'actualité ou qu'il ait un projet de reprise, le chef d'entreprise doit obligatoirement s'entourer d'experts du domaine social.
 
GAN ASSURANCES
Philippe Soria
Immeuble Michelet
4-8, Cours Michelet • Niveau 11
92082 Paris La Défense
Tél. : 01 70 94 89 41
philippe.soria@gan.fr
 
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