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GPO - Céder ou Reprendre une Entreprise
  GUIDE« Céder ou Reprendre une Entreprise »
Un eujeux macro-économique sur les épaules des PME
Les enjeux de la transmission d'entreprise
Au chapitre Finance, ne pas prendre ses désirs pour la réalité
Comment optimiser la fiscalité de la transmission
Au chapitre patrimoine, c'est toute la vie du cédant qui est l'enjeu
La phase sociale : une méthode, une stratégie
Ressources humaines, les portes du succès
Cas particulier : La reprise d'une entreprise défaillante
Au chapitre international : accompagnement obligatoire
Lexique des principaux termes utilisés dans le domaine de la transmission d'entreprise
Le carnet d'adresse des principaux organismes
 
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Guide Céder ou Reprendre une Entreprise - 2009
HUMAIN
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Ressources humaines, les portes du succès
Photo Anna Guessel
Conseils, Experts-comptables, Commissaires aux Comptes… tous sont spécialistes des chiffres. Tous s'accordent pourtant à dire que de la dimension psychologique, voire affective, dépendent en grande partie le succès ou l'échec d'une transmission.

Nous nous attachons plus particulièrement ici à identifier les différentes facettes de la problématique au niveau strictement humain et sociologique. Qu'il s'agisse du cédant ou de l'acheteur, chacun se retrouve dans une situation anxiogène qui lui est propre.
Nous n'oublions pas le salarié qui, lui aussi, se retrouve dans un état psychologique de grande sensibilité. Il est légitime qu'il soit inquiet de l'évolution de sa mission, de sa façon de travailler et des nouvelles méthodes que ne manque jamais d'imposer le repreneur. Si cet aspect de la transmission est fondamental, l'acceptation du changement par les salariés dépend pour une grande part des attitudes du cédant et du repreneur.

Côté vendeur
«Mon entreprise est la plus belle ! Elle vaut tel prix !...telles sont les certitudes de nombreux dirigeants de TPE ou de PME», nous dit sans langue de bois Thierry Bretout, Président du Cabinet Rouer, Bernard & Bretout et spécialiste des transmissions.
«...Quels sont les défauts ou les éventuels vices cachés de ma société ? Quelle est la réalité de mon passif social ?», voilà d'après notre expert-comptable, le type de questions que devrait se poser le chef d'entreprise ayant l'intention de vendre. Une cession ne peut donc être envisagée qu'après une phase de nettoyage réglementaire de l'entreprise et de maturation psychologique du futur ex-dirigeant.

A propos de la préparation réglementaire

Il s'agit surtout de corriger les éventuelles anomalies sociales et fiscales. Ces anomalies sont d'autant plus difficiles à identifier que l'entreprise était dirigée par le propriétaire lui-même. Soit il a pu les oublier, soit il les acceptait. Mais dès lors qu'un acheteur potentiel se présente, ce n'est pas à ce dernier d'en supporter les conséquences. Soit il exigera une réduction du prix et/ou une évolution sensible des conditions de la transmission, soit il rompra les négociations.
Ces anomalies sont rarement le fruit de fraudes ou de dissimulations. Elles sont la conséquence du temps. Pour un cédant, avoir parfaitement conscience des faiblesses de l'entreprise qu'il se prépare à céder est la meilleure façon de savoir la valoriser, en évitant les mauvaises surprises.

A propos de la maturation du dirigeant
Le dirigeant qui souhaite réellement vendre doit-il organiser sa structure de telle sorte qu'elle fonctionne sans lui ? C'est Thierry Brétout qui répond avec humour à cette question : «...il faut apprendre au mouton à se tondre lui-même».
En clair, le travail de fond du chef d'entreprise qui souhaite vendre, consiste à avoir mis réellement en place toutes les délégations souhaitables, réduisant d'autant la valeur de son rôle, au profit de celle de sa structure. Facile à dire, difficile à faire, eu égard à son attachement viscéral et génétique à l'entreprise qu'il a créée et dirigée durant des années....son bébé !
Au plan psychologique et affectif, convenons que ceci peut friser la recherche du Graal. Mais une telle volonté démontrera ipso facto à l'acheteur que son cédant est non seulement sincère et honnête, mais qu'il a fermement décidé de réussir la transmission.
«...comme un professeur, l'entrepreneur qui réussit est celle ou celui dont, un jour, personne n'a plus besoin, parce que son enseignement est passé, a réussi, a essaimé parmi les autres...», déclare Laurent Bibard, philosophe, économiste et professeur à l'ESSEC*.

Côté acheteur
Il est utile d'attirer l'attention de celui qui, n'ayant jamais été chef d'entreprise, souhaite se lancer dans cette aventure. Car cela en est une !

Se connaître soi-même
Un repreneur qui n'a jamais assumé la direction de sa propre entreprise est assimilable à un créateur. Qu'il ait 40-50 ans d'âge et 15-30 ans d'expérience professionnelle ne lui apporte qu'une infime partie des qualités nécessaires à l'entrepreneuriat. «Etre créateur de sa propre structure demande de toute évidence une certaine audace», déclare Laurent Bibard.
Avoir du courage est la première qualité du dirigeant novice qui, sous-estimant le niveau des risques pris, peut vite se...décourager à la première réelle difficulté.
Cette vulnérabilité se vérifie notamment chez les anciens cadres salariés. Malgré le stress et les frustrations qu'ils ont vécus quotidiennement, ils oublient vite le confort qu'est le statut de salarié. Quelles qu'aient été leurs responsabilités, les soucis réels et profonds du dirigeant leur ont été inaccessibles et invisibles. S'estimant à juste titre expérimentés dans leur domaine, ils n'ont pas pour autant toujours les qualités entrepreneuriales requises.
«Il n’y a pas «un» caractère d’entrepreneur, mais il faut «du» caractère pour l’être», écrivait Peter Drucker, sociologue et théoricien américain, considéré comme le pape du management, décédé en 2005.

Connaître l'entreprise-cible

Au-delà des bilans et des audits, qu'est-ce que connaître une entreprise ?
Pour Francis Imbert, PDG de Business Document ayant repris l'entreprise en 2006, ce point est clair : «...connaître l'entreprise, c'est avant tout connaître sa culture».
Ayant naturellement tendance à réorganiser et à changer les équipes, tout en bouleversant rapidement les habitudes...le repreneur est facilement convaincu que les méthodes de son prédécesseur n'étaient pas les bonnes. C'est a priori une erreur. Pour Francis Imbert, «...la non identification de la culture de l'entreprise est la principale cause d'échecs des reprises».
Ce que confirme le théoricien Peter Drucker en écrivant «...on ne change pas la culture d'une entreprise en changeant les hommes...».
La culture d'une entreprise se capte assez rapidement, mais il faut discuter avec les équipes, les regarder travailler et fonctionner, il faut connaître les petites histoires de la grande.... avant de faire la moindre réforme.
Faut-il garder ou non l'ancien dirigeant ?
Grande question à laquelle il ne semble pas qu'il y ait de réponse absolue.
Dans tous les cas, cela dépend de la réalité de la fonction du dirigeant dans l'entreprise cible. Etait-il un président, ayant su déléguer ? Etait-il le directeur commercial ? Le directeur technique ? S'il a une fonction opérationnelle, il faut le garder le temps qu'il transmette son savoir, mais pas plus, nous confie Francis Imbert, «l'ancien dirigeant garde, même inconsciemment, une forte influence sur le personnel, ce qui peut se révéler ne pas être d’une réelle aide».
Cela étant précisé, garder un certain temps l'ancien dirigeant n'est pas systématiquement négatif, surtout lorsqu'il a démontré sa volonté de réussir la transmission. Son statut peut être celui d'un conseiller dont le repreneur fixera la mission ; exemple : présenter la clientèle. Outre le prix de cession dont le dernier versement ne peut être effectué qu'à son départ définitif, le repreneur peut aussi lui proposer un «earn out», venant augmenter le prix, sous condition de succès de la mission confiée.

L'adhésion du personnel
Sans cette adhésion, point de salut ! Elle est en grande partie fonction tant de l'acceptation du cédant à passer le témoin, que des qualités de manager du repreneur. La réussite du repreneur sur ce point dépend de deux facteurs principaux :
• La transparence de la communication qu'il établit le plus tôt possible avec les équipes, de telle sorte qu'elles deviennent les complices de l'aventure.
• La détermination claire et partagée des objectifs et de la stratégie, qu'il saura traduire dans les principes de rémunération.

Ph.D.

Source : L’Art d’Entreprendre, Les Echos
 
Mot d’ordre : derrière les chiffres, la dimension humaine

L'essentiel côté vendeur : avoir l'envie réelle de la transmission
Valoriser son entreprise en la nettoyant de toutes les anomalies historiques, notamment au plan social et fiscal
Etre prêt psychologiquement à la cession, en ayant mis en place de vraies délégations de pouvoir.
Demander à ses conseils la réalisation d'un Vendor Due Diligence (VDD : cf lexique) qui sera le document remis aux acheteurs potentiels.

L'essentiel côté repreneur : apprendre la culture de l'entreprise-cible
Réaliser un audit d'acquisition.
Connaître ses propres forces et faiblesses.
Apprendre la véritable culture de l'entreprise-cible.
Clarifier la mission (fond et forme) de l'ancien dirigeant lorsqu'il reste après la transmission.
Obtenir l'adhésion du personnel : le faire participer à l'aventure en communiquant en interne le plus tôt possible.

 
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