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GPO - Céder ou Reprendre une Entreprise
  GUIDE« Céder ou Reprendre une Entreprise »
Un eujeux macro-économique sur les épaules des PME
Les enjeux de la transmission d'entreprise
Au chapitre Finance, ne pas prendre ses désirs pour la réalité
Comment optimiser la fiscalité de la transmission
Au chapitre patrimoine, c'est toute la vie du cédant qui est l'enjeu
La phase sociale : une méthode, une stratégie
Ressources humaines, les portes du succès
Cas particulier : La reprise d'une entreprise défaillante
Au chapitre international : accompagnement obligatoire
Lexique des principaux termes utilisés dans le domaine de la transmission d'entreprise
Le carnet d'adresse des principaux organismes
 
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Guide Céder ou Reprendre une Entreprise - 2009
INTRODUCTION
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Les enjeux de la transmission d'entreprise
Photo Anna Guessel
Transmettre… Les enjeux sont cruciaux tant pour l’entreprise, ses salariés que pour la stabilité du tissu économique. A la fois le cédant et le repreneur ont toutes les cartes en main. Le pronostic vital est engagé : il s’agit de transmettre ou disparaître. A vous de jouer Messieurs…

Etat des lieux de la transmission

Au niveau national, la transmission d’entreprise fait l’objet de toutes les attentions. Elle est dorlotée par les pouvoirs publics, elle est la préoccupation de multiples institutions et organismes.

Au niveau communautaire, tous les Etats membres de l’Union européenne sont confrontés à la problématique de la transmission et à l’accélération du phénomène. Au cours des dix prochaines années, la Commission Européenne estime qu’un tiers des entreprises européennes devrait faire l’objet d’une transmission. Ces transferts d’entreprises se font désormais de plus en plus souvent en dehors du cadre familial, au profit de tiers. Malgré les avantages évidents de la reprise d’entreprises existantes, les entrepreneurs préfèrent encore créer une entreprise nouvelle, entraînant la disparition d’entreprises parfaitement viables. L’Union européenne juge donc utile que les États membres leur offrent un soutien réel dans cette phase critique de la vie d’une entreprise.

En effet, non seulement la réussite d’une transmission est fondamentale afin d’assurer la pérennité d’une entreprise mais elle est cruciale pour la stabilité du tissu économique.

«La transmission est un des enjeux importants pour l’économie nationale. Les PME en sont une composante essentielle. Cette étape de leur vie risque en effet de compromettre leur pérennité, notamment si les dispositifs d’appui et d’accompagnement ne répondent pas à leurs besoins», tel est le constat effectué par le Congrès International Francophone en Entrepreneuriat et PME de 2006 tel qu’il figure en avant-propos du rapport de janvier 2008 du Minefi et du Cabinet KPMG Entreprises intitulé «Risques et Opportunités de la transmission des entreprises industrielles». 

Le mot «accompagnement» est lancé et il semble que cet accompagnement à la transmission soit incontournable et ce d’autant que 21 % des entreprises transmises sont en échec après 6 ans d’activité ! Ce constat d’échec relatif va nous amener à nous interroger sur les chiffres, l’état du marché,  les raisons profondes de cet insuccès ainsi que les clés d’une transmission réussie.

Quelques chiffres…

Plusieurs centaines de milliers d’entreprises françaises TPE et PME vont être cédées au cours des prochaines années. On estime à 700 000 le nombre d’entreprises qui devraient changer de mains dans les dix prochaines années. Ces entreprises sont essentiellement des PME dans la mesure où sur 2 900 000 entreprises en France métropolitaine, 97 % emploient moins de 20 salariés. Plus d’un tiers des chefs d’entreprise en exercice ont au moins 50 ans et 7 % sont âgés de 60 ans et plus.

La connaissance de l’entreprise par le repreneur est un facteur incontestable de succès. «Le niveau de risque est quasi nul pour les transmissions familiales ; de même, un ancien salarié de l’entreprise a deux fois plus de chance de réussir qu’un repreneur extérieur», expliquent Sylvie Guidici et Alain Coulaud(1). Or, d’après plusieurs études, le taux de transmission familiale est en France très largement inférieur à ce que l’on peut constater dans d’autres pays européens comparables. En France, une entreprise sur dix est transmise de manière familiale alors qu’il y en a cinq sur dix en Allemagne et sept sur dix en Italie.

L’état du marché

«Il n’existe pas de fichier recensant de façon exhaustive les transmissions/reprises d’entreprise. En effet, le fichier SIREN ne permet de suivre que les cessions de fonds de commerce et pas les parts de société, notamment», indique Yannick Hoche, responsable reprise/ transmission d’entreprise à l’APCE.

Selon une étude de juin 2008, portant sur l’année 2007 du CRA Cédants et Repreneurs d’Affaires, intitulée «Observatoire CRA de la transmission des PME-PMI», le chiffre le plus fréquemment cité dans les médias est de 60.000 transmissions par an. Ce dernier chiffre inclut les fonds de commerce et l’artisanat qui représente plus de 80 % des entreprises répertoriées par l’INSEE mais ne semble pas représentatif de la tendance à long terme. A défaut de statistiques précises, le CRA considère que dans une hypothèse de transmission tous les 25 ans des PME, la proportion moyenne annuelle serait plutôt de  6 à 7 000 par an (7 800 en cas de transmission tous les 15 ans).

Ce marché des entreprises à reprendre apparaît comme étant en expansion mais néanmoins limité pour les candidats-repreneurs. Yannick Hoche constate que «le marché des entreprises à céder est un marché de pénurie pour les candidats-repreneurs. En effet, 93 % des entreprises ont moins de 10 salariés et seulement 1 % des entreprises plus de 50 salariés. Or, 3 repreneurs sur 4 recherchent des entreprises de plus de 5 salariés alors que seule une entreprise sur 4 à céder a plus de 5 salariés».

Il existe des entreprises à vendre à tous les prix : 50 % des entreprises sont proposées à moins de 500 000 euros. (Source : Intercessio).

Le profil du cédant et du repreneur
La transmission d’entreprise est radicalement différente selon que l’on se place du côté du cédant ou du côté du repreneur. Pour la majorité des cédants : son entreprise est l’œuvre de toute une vie et par voie de conséquence, il va être difficile de passer le flambeau. En effet, force est de constater que nombre de dirigeants redoute et retarde au maximum la cession de leur entreprise. Pour eux, cette cession est assimilée à une perte de pouvoir, de légitimité, à la mort sociale et même à la mort tout court. Certains experts parlent de «petite mort» à ce sujet. Selon le rapport précité du Minefi et du cabinet KPMG, 73 % des cédants sont des dirigeants âgés ou à la santé critique qui n’ont pas d’autres choix que de céder. L’autre partie concerne des dirigeants qui cèdent leur entreprise par opportunité, soit pour des raisons économiques, soit pour changer d’activité.

S’agissant du repreneur, lorsqu’il prend les commandes d’une entreprise, il fait un pari sur l’avenir. Ainsi, selon le rapport précité, 59 % des repreneurs sont externes à l’entreprise : ce sont, soit des personnes physiques, souvent d’anciens cadres dirigeants de Grands Groupes, soit d’autres entreprises. Les autres repreneurs sont issus de l’entreprise, avec en majorité des salariés pour 32 % d’entre eux et des héritiers pour 9 % seulement.

Comprendre ensemble les difficultés rencontrées en terme de transmission…

Bien entendu, les problèmes de fiscalité et de financement ont longtemps été un handicap mais ils ne sont pas les seuls responsables de ces difficultés. Afin d’y remédier, la Loi de Modernisation de l’Economie dite LME adoptée au mois d’août 2008 a introduit plusieurs dispositions fiscales en faveur des repreneurs d’entreprise : allègement des droits de mutations, aide au financement par l’emprunt, tutorat. Hervé Novelli, secrétaire d’État chargé du commerce, de l’artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du tourisme et des services a annoncé deux mesures pour faciliter le financement de la transmission des petites et moyennes entreprises. D’une part, le contrat de Développement Transmission proposé par Oséo permettra de consolider un plan de financement fragilisé par une insuffisance d’apport en fonds propres. Le plafond du Contrat de Développement Transmission est porté de 240 à 400 000 euros ce qui permettra à Oséo d’intervenir sur des opérations de 2 millions d’euros.  D’autre part, les fonds propres de la Siagi, qui garantit comme Oséo les financements des entreprises seront renforcés de 3 millions d’euros pour poursuivre résolument la croissance de son activité.

Cependant, il existe également des freins psychologiques et culturels pour lesquels Hervé Novelli a souhaité mettre en œuvre des mesures de terrain. En effet, force est de constater qu’à l’heure actuelle un certain nombre d’entrepreneurs répugnent à dire que leur retraite approche pour ne pas fragiliser leur société. Désormais, une déclaration commune intitulée «la transmission : une ambition pour l’entreprise» a été signée le 9 octobre 2008. Cette charte lie l’État et les réseaux signataires pour conduire des actions de terrain visant à améliorer le processus de transmission d’entreprise.

Car la mauvaise préparation du cédant qui vend son entreprise est souvent pointée du doigt mais on insiste peu sur celle du repreneur.

Les clés d’une transmission réussie
Le temps est un facteur clé pour bien réussir une transmission : autant dire d’emblée que le dirigeant doit se donner le temps de la réflexion, de l’évaluation, de la recherche du repreneur et enfin celui de passer le flambeau. Les spécialistes estiment que le délai pour préparer une transmission doit se situer entre 3 et 5 ans.

Seulement 44 % des dirigeants interrogés ont planifié la transmission de leur entreprise et pour plus de la moitié de ces dirigeants ayant récemment cédé, la préparation a duré moins d’un an ! Telles sont les conclusions du rapport précité du Minefi et du cabinet KPMG.

Les experts sollicités par le Minefi et le Cabinet KPMG Entreprises ont identifié et analysé quatre axes prioritaires tels que l’anticipation ou préparation, la mise en relation du cédant et du repreneur, la fiscalité et le financement et trois points importants : la négociation, la prise de relais et la formation.

La préparation est primordiale à plus d’un titre car elle permet d’anticiper les difficultés et d’inciter les cédants à prendre du recul. Encore faut-il que le dirigeant participe à des conférences sur la transmission, à des formations sur la reprise et consulte les Chambres de Commerce et d’Industrie. Car le seul recours à l’expert comptable ou à l’avocat est nécessaire mais insuffisant. La consultation de ces professionnels du Chiffre et du Droit doit s’effectuer très en amont afin d’identifier toutes les difficultés inhérentes à la cession. Il convient également de vérifier la motivation personnelle du cédant pour vendre son entreprise et également celle du repreneur. Quelles sont pour le cédant les raisons de la vente, quel est le projet du cédant au-delà de la cession ? Côté repreneur, est-il prêt à s’endetter, à prendre des risques ?

L’accompagnement tout le long des différentes phases de la transmission doit être nécessairement effectué par un conseil spécialisé avocat ou/et expert comptable. A cet égard,  il convient de veiller particulièrement aux aspects financiers, juridiques, fiscaux, patrimoniaux, sociaux et humains. Le cédant et le repreneur devront avoir des conseillers distincts. En effet, chaque conseil doit négocier au plus près des intérêts de chacun d’entre eux ce qui ne signifie aucunement cloisonnement, défaut d’information ou encore absence de communication. En effet,  le cédant et le repreneur vont tous deux être confrontés à un certain nombre de questions essentielles notamment : Quelle activité exerce le cédant ? Quel type de croissance a t-il choisi ? Quels moyens a-t-il mis en œuvre ? Comment les a-t-il financés ? Pour quel résultat ? Autant dire qu’il convient d’être attentif non seulement à l’environnement de l’entreprise cédée mais également aux attentes des différentes parties impliquées dans cette transaction comme les actionnaires, les fournisseurs, les clients et banquiers.

Respecter les étapes…

«Pour réussir une transmission d’entreprise, il faut respecter les étapes et ne pas hésiter à faire appel à des professionnels», indique David Rage, Conseiller création/transmission/ reprise d’entreprise à la CCI.

Bien entendu, l’anticipation est l’une des clés du succès d’une transmission réussie. Elle permet d’appréhender les motivations, les attentes, les objectifs de la cible, ceux du repreneur et des tiers. Mais cette phase n’est qu’un préalable certes indispensable mais insuffisant car il convient désormais de «disséquer» la société qui doit être cédée. Il convient de cerner ses rouages et d’identifier ses risques. Nous entrons dans la phase de l’évaluation de la cible, laquelle se fera sur la base de la société prise dans son cadre d’entité juridique, commerciale et financière propre et indépendante. Les due diligence servent à compléter, ajuster, valider  et affiner la phase d’évaluation sur la base de l’analyse de l’historique, de la vérification des business plans et de l’évaluation du management. Ces due diligence couvrent différents domaines : comptables et financiers, fiscaux, sociaux et juridiques. Enfin, la phase de négociation est l’une des dernières étapes mais elle est certainement la plus délicate. Il s’agit de négocier avec le repreneur le prix de cession mais également les conditions de cession. 

A ce stade, il y a lieu de sécuriser l’opération en marquant la négociation par la conclusion d’accords préparatoires tels que la lettre d’intention, la promesse et l’accord mutuel de confidentialité. La question de la confidentialité est cruciale car le cédant est conduit à communiquer des informations confidentielles au repreneur.

« Dans ce domaine, la rédaction d’un engagement de confidentialité s’impose. En effet, il existe un risque sous-jacent que l’acquéreur abuse de la prise de connaissance de l’entreprise-cible et ne donne pas suite. Dans ce cas, il peut y avoir rupture des pourparlers. Du côté du cédant, les informations données ne doivent pas être contraires à l’intérêt social de la cible. Ces abus peuvent être qualifiés pénalement : abus de biens sociaux, abus de majorité, faute de gestion», souligne Olivier Hoebanx, avocat associé du Cabinet BMH Avocats. 

Des freins à la transmission…

Du côté du cédant, il existe des freins à la transmission qui peuvent retarder, voire même faire avorter la transmission. Il a déjà été question dans ces lignes du manque de préparation du cédant. Le défaut d’information peut être également source d’échec, le vendeur ou le repreneur n’etant pas suffisamment informé sur l’état du marché. Au surplus, les banques apparaissent comme de plus en plus frileuses envers les repreneurs, personnes physiques. Enfin, la fiscalité (nous reviendrons sur ce point) est considérée comme étant lourde, complexe, et changeante.

…Aux pièges à éviter pour le repreneur

Bien entendu, le repreneur ne doit viser que des cibles pour lesquelles il a une vraie connaissance du métier. Il faut donc éviter de ne pas préciser sa cible ou de se diriger vers une activité dont on ignore les spécificités. Il convient d’être accompagné par des conseils professionnels du droit ou encore par des experts comptables ou des financiers dès le début et ce, afin de renforcer sa crédibilité. Mais l’idéal est également d’adhérer à une association de cédants et repreneurs d’affaires, comme le CRA. La vigilance doit être de mise car certaines cibles se trouvent sur un marché en déclin où le retournement peut évoluer très vite. Sur un plan juridique, il convient de ne pas omettre de procéder à l’analyse juridique des contrats à reprendre et des coûts de sortie. Enfin, négliger ou sous-estimer la dimension humaine d’une cession peut compromettre une opération. Ne l’oublions pas, dans une PME, la qualité du lien tissé entre le repreneur et ses salariés sera un point crucial dans la reprise.

L.D.

Sources :
1. Transmission et reprise d’entreprise sous la direction de Sylvie Guidici et Alain Coulaud, Ellipses
 
La crise financière ne devrait pas paralyser les transmissions de PME
Par Cyril ANDRÉ, Repreneur, publié le mardi 28 octobre 2008

Les économistes savent que les deux années à venir vont être difficiles pour les entreprises…
Va-t-on vers un assèchement des offres de cessions d’entreprises ? Rien n’est moins sûr. Dans la conjoncture actuelle, le réflexe naturel du vendeur est, certes, de céder à l’attentisme. Mais une fois qu’il aura bien assimilé le fait que son entreprise vaut très certainement plus cher aujourd’hui, à l’issue d’une période de relative prospérité, que dans un an ou deux ans, après des temps de morosité économique, le cédant clairvoyant devrait mettre son bien sur le marché le plus rapidement possible. Certes le prix pâtira de perspectives guère réjouissantes, le repreneur achetant également le futur.La crise aura au moins cette vertu de ramener les prix de cession à un niveau tout simplement raisonnable.

Le repreneur doit-il attendre ? Dans la majorité des cas, de 12 à 18 mois sont nécessaires avant de conclure. Dans une telle temporalité, on peut légitimement se demander quel bénéfice pourrait tirer le repreneur d’une mise en stand-by de ses recherches durant une période plus ou moins longue. Au contraire, les professionnels avisés de la transmission conseillent aujourd’hui au porteur de projet de ne pas baisser de régime, car certaines étapes requièrent désormais plus de temps, comme les procédures de décisions au sein des banques.

Le repreneur va-t-il encore pouvoir trouver de l’argent pour financer son opération ? Si les banques ont considérablement durci leurs conditions, notamment au niveau des garanties, elles ne peuvent toutefois pas se permettre de couper le robinet. Surtout après les engagements qu’elles ont pris vis-à-vis de l’Etat. Le repreneur qui possède un bon dossier devrait trouver son crédit bancaire, même se cela lui demandera davantage de temps. De leur côté, les fonds de capital-investissement, notamment ceux spécialisés sur le small cap, ont de l’argent, voire beaucoup d’argent. Ils vont se montrer probablement encore plus sélectifs, mais ils continueront d’investir. C’est leur raison d’être.

Source : Cession entreprise PME
 
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