Quand le contexte économique est en partie responsable de l’évolution de la fonction achat, plus que jamais les achats dans l’entreprise doivent revêtir un rôle stratégique. Explications.
L’Observatoire des Achats a dressé pour la 4ème
année consécutive, l’état des lieux
des pratiques, de l’organisation et de l’évolution
de la fonction Achats en France. Conduite auprès de plus
de 200 décideurs, l’enquête de 2008 révèle
que la fonction achats, solide sur son cœur de métier,
inscrit sa mission dans une dynamique de renforcement continu,
pour prendre une place de plus en plus stratégique dans
l’entreprise. Pour l’avenir, outre l’innovation
et le développement durable, la fonction achats devra concentrer
son action sur l’anticipation et la gestion des risques ainsi
que le suivi de ses engagements.
Une étude réalisée par la Cegos, organisme
de conseil et de formation, montre que les achats représentent
en moyenne 68 % du chiffre d'affaires des entreprises. C'est dire
si l'enjeu est de taille !
La rédaction de GPO vous propose de dresser un panorama
des stratégies d’achat et d’optimisation des
dépenses. Nous verrons notamment quelles sont les tendances
des entreprises en matière de stratégie d’achat
compte tenu du contexte économique actuel.
Auparavant, il est nécessaire de comprendre le rôle
de l’acheteur. Quels sont les domaines de compétences à maîtriser
? Quels sont les nouveaux comportements ?
L’acheteur est-il devenu le maillon fort de l’entreprise
?
Autrefois reléguée au second plan, la fonction
achats a refait surface et s’est petit à petit imposée
comme étant l’une des fonctions les plus importantes
de l'entreprise. En effet, force est de constater que la première
source de profits dans une entreprise réside dans la maîtrise
des coûts. Or, l’optimisation de la fonction achat
est fondamentale afin de concrétiser cet objectif. Certes,
un tel objectif de maîtrise des coûts est louable
mais il n’est pas le seul car la fonction achat tend de
plus en plus à devenir une arme stratégique. Exemple
qui dénote l’évolution de cette profession
: «Je ne suis pas vu comme un cost killer mais plutôt
comme une solution globale à un problème qui n’est
pas figé», soulignent certains acheteurs.
Le rôle de l’acheteur
Selon l’Apec, la mission de l’acheteur varie selon
un périmètre de responsabilités et englobe
trois activités principales : piloter le management des
achats (définir la politique achats dans l’entreprise,
piloter les projets de développement relatifs à la
fonction), optimiser l’information sur les processus achats
(e-procurement, e-sourcing), mettre en place une politique qualité (évaluation
des fournisseurs), négocier (recueillir les besoins auprès
des différentes directions de l’entreprise (marketing,
RH, logistique…), suivre l’évolution des
marchés, lancer des appels d’offres et consultations,
négocier les conditions de vente, effectuer un suivi budgétaire,
administratif et logistique pour optimiser la rentabilité des
achats.
L’acheteur intervient à tous les niveaux : achats
de biens, achats de prestations externes, achats de services.
C’est ainsi que l’acheteur doit assurer notamment
la gestion des énergies, des déchets, de la maintenance,
de l’entretien, des espaces verts, des aménagements
d’espaces, de la téléphonie, de l’informatique….sans
oublier les services aux occupants (accueil, imprimerie, archives,
coursier, économat, salles de réunion).
Nul doute, il s’agit avant tout d’un homme d’action
qui doit non seulement bien connaître son entreprise mais également
rester ouvert sur l’extérieur et maîtriser
son environnement.
Les stratégies d’achat et d’optimisation
des dépenses
Performance économique, sociale et environnementale sont
au centre des préoccupations des Directeurs et Responsables
des Services Généraux (DRSG). «Performance économique
d’abord car rappelons que l’immobilier représente
souvent le deuxième poste de dépenses des entreprises
(après la masse salariale) et se situe au cœur des
enjeux stratégiques des grands groupes français.
Performance sociale ensuite tant l’aménagement de
l’espace, l’ergonomie, les services aux collaborateurs,
et plus largement le cadre de travail sont des éléments
fondamentaux du bien-être des salariés. Performance
environnementale enfin au regard du rôle joué par
les services généraux dans le choix des matériaux
durables, des véhicules moins polluants ou plus largement
dans la mise en place d’une politique d’énergie»,
indique François Delatouche, Président de l’Association
des Directeurs et Responsables de Services Généraux
(Arseg), Directeur de l’Immobilier et des services aux
collaborateurs de Bouygues Télécom.
Le développement durable comme avantage concurrentiel
L’Observatoire des achats dans son enquête 2008 observait
une fenêtre de tir extraordinaire dans les trois ans qui
viennent en matière de développement durable. «Beaucoup
d’entreprises affichent désormais la volonté d’activer
ce levier comme un réel avantage concurrentiel».
Il faut compter désormais sur l’offre de produits éco-responsables
qui continue à s’enrichir et devrait contribuer à se
diversifier. D’ailleurs, certains fabricants et fournisseurs
ont bien compris l’atout commercial que peut représenter
une gamme de produits respectueux de l’environnement. Au
surplus, les contraintes réglementaires vont également
pousser le dirigeant dans cette voie qu’il le veuille ou
non. Ainsi, cette même enquête pointe du doigt la
directive européenne Reach «qui va imposer un suivi
sur la nomenclature des produits et la manière dont ils
ont été fabriqués, avec des obligations
de traçabilité assez poussées». Cependant,
la difficulté semble résider dans l’absence
de formation des acheteurs concernant cette problématique
de développement durable. «Les attentes portent,
d'une part, sur la mise en place de formations dédiées
afin que les acheteurs puissent acquérir les connaissances
indispensables, et d'autre part, sur la mise en place d'outils
performants comme aide à la décision. Actuellement,
l'une des difficultés pour les acheteurs est de pouvoir
disposer d'informations sur la maturité du marché des
produits plus responsables et de collecter des données
pertinentes afin d'évaluer la plus-value environnementale
et/ou sociale du produit», souligne Laure Mandaron, Directeur
de mission au département environnement & développement
durable d’Ernst & Young.
La politique achat : définir la politique achat et la faire
appliquer
L'objectif est d'aider la direction des achats à traduire
les objectifs de gains fixés par la Direction Générale
en axes d'amélioration mesurables. Cette prestation comporte
généralement deux phases : le diagnostic de la
fonction achats dans la situation actuelle et la définition
des axes d'amélioration et des indicateurs de mesure.
La mise en œuvre d’un plan d’action est alors
indispensable pour optimiser la fonction achat. Actuellement,
plusieurs paramètres doivent être pris en considération
lors de la mise en place d’une politique achat : la concurrence,
l’évolution des réglementations, la pression
des coûts et l’apparition de nouveaux risques. «A
l’heure où la situation économique et financière
se durcit, les services généraux vont plus que
jamais être en première ligne pour maîtriser
les coûts et optimiser la performance des entreprises.
Il est donc plus qu’urgent de créer des synergies
avec les Directions générales, les DRH, les DAF
pour faire face à la crise», nous explique François
Delatouche, Président de l’Association des Directeurs
et responsables de Services Généraux (Arseg).
Le reporting des achats
Aujourd’hui, l’objectif de toute entreprise est d’optimiser
leur fonction achats. Comment améliorer la cohérence
et l’efficacité des processus d’achat ? La
Poste ne disposait que d’une vision partielle de ses achats
avant que la Direction des Achats et du Contrôle des Coûts
n’engage, en 2002, la refonte de son système d’information. «En
couvrant toute la chaîne de traitement des données,
de l’extraction à la restitution, Informatica permet
aux équipes Achats de disposer d’une information
claire et fiable pour planifier, contrôler et optimiser
les achats du Groupe, ainsi que les relations avec ses 70 000
fournisseurs», explique Nicolas Viou, Chef de Projet, Direction
des Achats et du Contrôle des Coûts du Groupe la
Poste.
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